Il n’existait jusqu’à présent aucune biographie de Carlos Castaneda. On ne saurait toutefois s’étonner d’une telle lacune. Toute sa vie, l’auteur de L’Herbe du diable et la petite fumée s’est dissimulé aux regards, en refusant les photos, les enregistrements, en se terrant perpétuellement. Pire : lors des rares entretiens qu’il accorda aux journalistes, il mentit sans vergogne et multiplia les fables .
La vie de cet écrivain à succès, qui fut l’une des consciences de la génération hippy, s’avère pourtant riche en rebondissements.
Castaneda traverse les décennies. Dans les années soixante, il fréquente le pape du LSD, Timothy Leary, tout autant qu’Anaïs Nin. Plus tard, il rencontre un succès inouï et suscite l’engouement. On le compare à Jean-Paul Sartre, à Gurdjieff, à Lacan. Fellini tente en vain de le rencontrer. Jim Morrisson, Oliver Stone, Steve Mac-Queen ont plus de chance.
Dans les années quatre-vingt dix, il apparaît enfin comme un étrange “gourou”, régnant avec violence sur une phalange de disciples pâmés.
Son existence s’achève dans le sordide, quand il entraîne dans la mort certaines de ses adeptes. Nous révélons pour la première fois les circonstances exactes du décès de Carlos Castaneda, survenu en 1998.
Seul demeure le mystère d’une œuvre unique et magnifique, qui laisse encore aujourd’hui admiratif.