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Documents >> Biographies
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Allan Kardec et son époque
Jean Prieur
En Librairie le Jeudi 12 Février 2004
- 326 pages
- 20 €
- ISBN 2 268 04976 0
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Relation presse :
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D'une plume alerte, Jean Prieur retrace le prodigieux parcours de Léon Rivail, né à Lyon, ville prédestinée, formé à l'école de Pestalozzi, disciple de Rousseau, auteur estimé de manuels scolaires qui seront en vigueur jusqu'à la fin de son siècle.
Un beau jour de 1855, un jeune médium, Victorien Sardou, futur auteur de l'immortelle et impertinente Madame Sans-Gêne, lui apporte cinquante cahiers de messages qu'il a reçus de l'au-delà et lui demande d'en faire un livre. Le cartésien M. Rivail commence par refuser ce qu'il considère comme un fatras. Mais voici que l'au-delà s'en mêle et lui ordonne de s'atteler à cette tâche, lui révélant par la même occasion qu'il fut jadis un druide, nommé Allan Kardec.
Quand l'ouvrage fut terminé, se posa le problème de sa publication. Tous les éditeurs parisiens le refusèrent, persuadés qu'il n'avait aucun avenir. Encouragé par les esprits, M. Rivail se résigna au compte d'auteur. Succès immédiat et fulgurant du Livre des esprits (1857), écrit par M. Allan Kardec, bachelier ès lettres et ès sciences. Succès total et durable : cinquante rééditions en cinquante ans. Et cela continue aujourd'hui de plus belle, depuis que l'heureux auteur est dans le domaine public.
En 1858, paraît la Revue spirite, bientôt suivie par Le Livre des Médiums, L'Évangile selon le spiritisme, Le Ciel et l'Enfer. Des groupes se constituent dans toutes les grandes villes de France, de Belgique, des pays francophones ou sous influence culturelle française : Italie, Catalogne, Bulgarie, Russie, Turquie de Constantinople et de Smyrne.
Tous les milieux sont intéressés par ces textes qui donnent un coup de jeune au christianisme, tous depuis les ouvriers de Lyon et de Bordeaux jusqu'à certains médecins, avocats, artistes, hauts fonctionnaires comme M. Dufaux dont la fille est médium, jusqu'à des savants comme Camille Flammarion, jusqu'à Napoléon III qui envoie un fiacre banalisé à Kardec pour le recevoir en privé aux Tuileries, jusqu'à Eugénie qui aurait dû suivre les conseils du Maître en matière de prudence à l'égard des esprits pervers, ce qui nous aurait épargné les désastres de Crimée, du Mexique et de Sedan.
Au moment du brusque décès d'Allan Kardec en 1869, le nombre de ses adeptes était évalué à un million. Son œuvre a été continuée par deux disciples dignes de lui : Léon Denis et Gabriel Delanne. Ses livres, ignorés de l'Université et des églises (auxquelles il a ramené beaucoup de croyants) sont constamment réédités. Les revues et les groupes issus de sa pensée sont nombreux, vivants et tendent à se multiplier.
Autour d'Allan Kardec, Jean Prieur évoque quelques-uns de ses illustres contemporains, tous épris, comme Michelet, Lamartine, Renan, Zola, George Sand et Victor Hugo, de progrès politique, spirituel et social. Illusions généreuses que le XXe siècle s'est chargé de démentir et que le XXIe siècle devra convertir en réalité.
2004 verra le bicentenaire de la naissance d'Allan Kardec. Le Brésil, où sa doctrine s'est répandue jusque dans les classes dirigeantes, organisera des célébrations et émettra, une fois de plus, des timbres commémoratifs. L'Amérique latine suivra le mouvement.
Selon toute vraisemblance, la France continuera à reconnaître le seul des ses philosophes qui ait obtenu un retentissement à la fois populaire et mondial.
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