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Quatre cents ans après la fondation de la ville de Québec (1608), la province de Québec est restée la seule grande entité francophone d’Amérique du Nord. Pendant des siècles, elle a défendu son identité et son originalité dans un environnement anglo-saxon. D’une communauté de pionniers, chasseurs et vendeurs d’animaux à fourrure, elle est devenue une société à la pointe de la modernité, tout en gardant jalousement ses traditions. Ses velléités d’indépendance, combattues par l’establishment canadien anglophone, n’ont pas trouvé la majorité qui lui aurait permis démocratiquement de devenir un État souverain. Mais ses citoyens et ses dirigeants ont toujours su repousser les limites de sa liberté d’action, jusqu’à faire de la province un acteur international.
Le livre revisite ces quatre cents ans d’histoire. Il commence même un peu plus tôt avec l’arrivée en 1534 de Jacques Cartier sur les rives du Saint-Laurent et les premiers contacts du navigateur français avec les Indiens, qu’on appellera plus tard les Sauvages, puis les Amérindiens, puis encore « les nations premières ». Elles revendiquent en effet fortement leur antériorité sur les explorateurs européens qui ne faisaient que passer. Du moins le croyaient-ils puisqu’ils étaient à la recherche d’une improbable route vers la Chine par le nord.
Comme ils ne la trouvent pas, la plupart repartent. Peu nombreux sont ceux qui restent pour affronter une nature ingrate et un climat rigoureux. Le livre conte les difficultés de la colonisation française, les dilemmes des rois de France qui s’intéressent peu à ces quelques « arpents de neiges » (Voltaire) et qui ne veulent pas dégarnir le royaume en lutte contre l’Angleterre.
Les Anglais, eux, pensent que leur domination passe par la mer et les colonies. Ils s’implantent en Amérique, disputent aux trappeurs français le commerce des fourrures avec les Indiens. La grande mode est à la peau de castor, un petit animal bon à tout qui fournit aussi la nourriture. Surtout depuis que les théologiens de la Sorbonne ont décrété que le castor est un poisson, ce qui évite de s’en priver les jours de jeûne.
Des villages entiers de la Normandie, du Perche, émigrent vers la Nouvelle France. Ce sont surtout les hommes qui partent, des paysans, des artisans. Pour assurer la croissance démographique, les autorités françaises envoient outre-Atlantique « les filles du
Roi », des orphelines de bonne famille ou des protestantes fraîchement converties. Une politique nataliste se met en place. Mais la confrontation avec l’Angleterre sur le continent européen reste la priorité en cette deuxième moitié du dix-huitième siècle. Cent cinquante ans après avoir fondé Québec, la France cède le Canada à l’Angleterre. Le général britannique Wolfe a battu le maréchal Montcalm lors du siège de Québec où ils meurent tous les deux. Le Canada devient « the Province of Quebec ».
La lutte, que retrace le livre, a désormais pour enjeu la survie d’une entité française et francophone dans l’Amérique anglophone. Cette lutte n’est pas exempte d’ambiguïtés. Les élites françaises – du moins celles qui restent car beaucoup regagnent la France après la conquête britannique --, sont tentées par la collaboration avec les nouvelles autorités. L‘Eglise catholique fait allégeance au souverain – protestant – de la Grande-Bretagne. Elle devra peut-être sa survie à cette « compromission » et grâce à elle, la religion largement majoritaire des francophones et la langue française échapperont aux tentatives d’assimilation.
Le Québec est passé, pendant longtemps et à juste titre, comme une province conservatrice, traditionaliste, cléricale… Au milieu du dix-neuvième siècle, elle n’est pourtant pas rester à l’écart du « printemps des peuples » qui fleurissait en Europe. Elle aussi est tentée par l’appel de la nation qu’incarne le mouvement des Patriotes. Ils hésitent entre arracher la souveraineté du Québec, éventuellement par les armes, et revendiquer la reconnaissance de leurs droits au sein de l’empire britannique. Londres répondra par une tentative d’assimilation qui fera la part belle aux Canadiens anglophones et alimentera le sentiment « national » québécois.
Mes Québécois ne sont pas « les Français du Canada », comme les appelait le général De Gaulle mais ce sont des Américains du Nord qui ont eu à cœur de maintenir le fait français sur le nouveau continent. Comment y sont-ils parvenus, avec des revers mais aussi beaucoup de succès ? C’est ce que raconte le livre. Il montre comment de la révolution tranquille des années 1960, couronnée par le voyage à Québec de De Gaulle et le fameux discours au balcon de la mairie de Montréal - « Vive le Québec libre ! » - à la victoire du Parti québécois puis à la défaite des souverainistes aux deux référendums, les Québécois ont créé une société moderne, américaine mais francophone, au milieu d’un océan anglo-saxon.
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…le Québec est l'objet, en France, de nombreux clichés. C'est pour en finir avec ces " phantasmes " que Daniel Vernet, directeur des relations internationales au Monde, a entrepris de raconter l'" histoire tourmentée " de la " Belle Province ". Le Monde des Livres 07.02.08
(...) l'auteur a le mérite de nous offrir un livre, qui n'est pas un ouvrage d'historien, mais qui se lit comme une histoire". La vie Economique, 07.05.2008
Dimanche 17 février
Vallée FM "Beth-El Vallée" Nathalie Zylberman
Diffusion de 11h00 à 12h00
Lundi 25 février
RCJ "Les Matinales" Sandrine Sebanne
Direct de 11h15 à 11h40
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