Il existe une ville dont le nom est « livre », en grec. Sait-on pourquoi ? Cette cité ressemble à un mille-feuilles et elle est, dit-on, la plus vieille du monde. Chacune de ses couches, chaque strate n’est là que pour mieux en dissimuler une autre, jusqu’à l’infini ou presque. Depuis la préhistoire et jusqu’à nos jours, Byblos la Phénicienne a gardé des traces égyptiennes, assyriennes, babyloniennes, perses, grecques bien sûr, romaines, byzantines, arabes, franques... C’est dans cette ville à nulle autre pareille que nous invite Olivier Germain-Thomas, au gré d'un parcours amoureux, chaque chapitre donnant l’occasion à l’auteur d'entremêler son histoire personnelle, ses émotions de touriste averti en ce début du XXIe siècle, et l’histoire tout court.
L’ouvrage est donc une promenade cultivée, mais non étroitement érudite, sur le tertre de Byblos, entre les eaux scintillantes de la Méditerranée et les neiges du Mont-Liban, une invitation à méditer sur les gloires éphémères des civilisations qui se sont succédées sur cette terre d'exception. L’histoire et l’écriture, le temps et l’amour, Isis et la Bible, comptent parmi les nombreux personnages de ce livre sur la ville du Livre. L’ensemble possède une force d’évocation poétique infiniment rare, à laquelle on se laisse prendre avec ravissement. |