Mal famé (l'homosexualité, l'éther) mais toujours reçu dans les salons par crainte de sa puissance journalistique et de son humour acéré, Jean Lorrain (1855-1906) est surtout connu par ses analyses sarcastiques des mœurs de la Belle Epoque. Il écrivait aussi dans ses Histoires de Masques des histoires horribles où de tendres voyous, des lutteurs de foire et des duchesses ravies de se rouler dans les ruisseaux affrontaient les fantasmes nés de l'éther et de l'au-delà.

Dans ses Princesses d'ivoire et divresse, il a réussi ses histoires les plus magiques et les moins sordides, placées sous le mauvais signe de trois princesses qui ont pour nom : Cruauté, Illusion et Désespérance. Ici, la femme, le corps féminin revêtu de splendides atours, des chevaliers, des bohémiens, de jeunes éphèbes parcourent des décors à faire rêver un Cécil B. De Mille, et y déchaînent ou conjurent des sortilèges et des dieux étranges. Toujours au nom de l'amour.

Mais on n'échappe pas à son destin et Lorrain n'a pu s'empêcher de faire accoucher une reine d'une grenouille, de flétrir le corps des belles endormies dans l'attente du prince charmant, ou de faire noyer un jeune roi et dieu dans un cloaque, victime d'une curiosité perverse.

 

La présente édition est augmentée d'une douzaine de contes de la même veine et que leur dispersion dans des plaquettes et revues rares, rendait inaccessible.

 

Du bizarre au merveilleux, la transition est insensible et le lecteur se trouve en plein fantastique avant qu'il se soit aperçu que le monde est derrière lui.

                                                                         Prosper Mérimée

 
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