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Le pont suspendu

Ou l'Histoire jamais racontée

Ramabai Espinet (Auteur)
Aline Weill (Traduction)

Présentation de l'éditeur
De l'Inde à Trinidad, de Trinidad au Canada, ce livre de Ramabai Espinet nous entraîne dans un admirable roman des origines. Confrontée brutalement à l'agonie de son frère, Kello, qui vient d'être hospitalisé, Mona, une documentaliste âgée de quarante-deux ans, va se retrouver presque malgré elle à fouiller son passé et celui de sa famille. Vers la fin du XIXe, sa jeune arrière-grand-mère Gainder, fait partie des cinq cent mille Indiens qui émigrent aux Antilles, pour cultiver la canne à sucre à la place des Noirs suite à l'abolition de l'esclavage. Arrivée sur l'île de la Trinité, Gainder fonde une famille, les aïeux de Mona. La hantise du déracinement brutal a toujours obsédé cette famille qui, dans les années 1970, se voit forcée de quitter Trinidad pour le Canada. Après un siècle d'intégration difficile, elle développe, au fil des générations, des attitudes contrastées à l'égard de la terre et de leurs racines : pour le grand-père de Mona, la terre acquise de haute lutte, est la patrie et le point d'ancrage, mais pour le père de la narratrice, la propriété rurale est un obstacle à la modernité. Du point de vue des petits enfants, elle représente un refuge, le berceau des origines.

Jacqueline Picoche pour www.librairiecatholique.com
Ramabai Espinet, Canadienne d'adoption, est née dans une famille d'origine indienne dans l'île caraïbe de Trinidad et Tobago. Elle partage sa vie entre le Toronto, Trinidad et l'Inde, et se consacre au théâtre, à la poésie et à la littérature pour enfants.
Le pont suspendu est son premier roman. La narratrice, une certaine Mona, lui ressemble comme une soeur et le fait qu'elle raconte son histoire à la première personne du singulier accentue encore l'effet d'autobiographie. Cette Mona, bien intégrée dans la société du Québec, est une femme libre qui, à 42 ans, a un amant canadien, et qui est financièrement indépendante grâce à son métier de documentaliste. Cette vie est bouleversée par l'annonce de la maladie de son frère ainé Kelvin, dit Kello, qui est entré dans une unité de soins palliatifs où il n'a plus que quelques mois à vivre. Cette circonstance rappelle à sa mémoire toutes sortes de souvenirs de la vie bien différente qu'ils menaient à Trinidad, au sein de l'ethnie indienne et d'une famille nombreuse, pendant leur enfance. Kello la prie expressément de retourner à Trinidad et de racheter la terre qui a appartenu à leur famille pour y développer certains projets immobiliers. Elle y retrouve une cousine bâtarde, Bess, qui milite pour la conservation des souvenirs de la vie des émigrés indiens aux Caraïbes, et c'est en collaborant avec elle qu'elle peut reconstituer l'histoire de son arrière-grand-mère Gainder et de sa grand-mère Lily. sur lesquelles elle savait peu de chose. Gainder, ayant fui un mariage forcé, s'était intégrée à un groupe de veuves qui, grâce à l'abolition du “sati”, interdit par les Anglais en 1829, avaient échappé au bûcher, mais pas à la réprobation sociale, et signaient en grand nombre des contrats léonins aux termes desquels elles s'engageaient à aller compléter, en Amérique, les effectifs des ouvriers agricoles noirs libérés de l'esclavage. Elle retrouve le texte des chansons que chantait Gainder avant son mariage avec un certain Joshua, indien lui aussi, qui lui interdit de poursuivre cette activité.
L'exotisme de termes expliqués dans les notes finales, est un des piments de ce roman qui comblera les amateurs de grandes et copieuses sagas familiales, lectures faciles propres à occuper les temps libres des vacances.
Ils y trouveront matière à réflexion sur toutes sortes de sujets actuels :
L'émigration, le déracinement, et même les déracinements et déménagements successifs, et l'importance d'être ou de redevenir conscient de ses racines. - Le communautarisme et le racisme : À Trinidad, les créoles, les noirs et les Indiens forment des groupes étanches et les mariages ou relations sexuelles interethniques très mal vus. La mère de Bess en a su quelque chose ! et les Canadiens, soucieux, à une certaine époque, de conserver un “Canada blanc” ne sont pas plus coopératifs. La condition des femme : Il y a loin de celle de Gainder à celle de Mona qui apprécie hautement cette évolution. Le passage de la vie rurale à la vie urbaine, qui a été voulu par le père de Mona et a été la cause de “la grande querelle” après laquelle la vie de la famille n'a plus jamais été tout à fait la même. - La religion : les parents de Mona tout en continuant à se sentir “indiens” se font “presbytériens” par souci de respectabilité, mais sans hypocrisie. Ils sont assidus au culte, et lors de la veillée funèbre de Kello, le père prononce une sorte d'oraison funèbre très religieuse dans le style de sa congrégation. La religion se dilue à la génération suivante. L'oraison funèbre prononcée par Mona est des plus vagues, et Kello, qui a été marié et a procréé deux enfants, a divorcé et termine sa vie dans un sida consécutif à sa tardive homosexualité, deux choses soigneusement cachées aux parents pour lesquels il souffre seulement d'un “lymphome” incurable. - Le sort des malades en fin de vie : Assurément la simple idée d'une euthanasie de Kello ferait reculer d'horreur ses ascendants, frères et soeurs et descendants et ne les effleure même pas. - Le point le plus positif de tout cela, c'est l'importance du lien familial pour tous ces gens : “Quand le sort vous fait naitre dans une famille indienne des Caraïbes, émigrante, jamais sure d'avoir jeté l'ancre… la famille est unie, très liée, protectrice, et ses secrets terribles sont enfermés dans ses remparts. En somme par leur respect de la vie et de la famille, les gens dont nous est contée l'histoire, sans être catholiques, mettent en pratique au moins deux des valeurs déclarées “non négociables” par Benoit XVI…



22,40€ TTC

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