
Le Christ n'a probablement jamais vu un cheval de sa vie. Pas une seule fois le mot qui désigne cet animal ne figure dans les Évangiles canoniques. Et pourtant, le cheval est omniprésent dans l'univers chrétien, pas seulement dans l'abondante iconographie glorifiant les saints cavaliers (qui sont légion), mais aussi dans les faits – et les fêtes.
Chevauchées apocalyptiques, chutes de cheval rédemptrices, croisades menées par des « chevaliers sans peur et chrétiens sans reproche », exploits des « Centaures de Dieu », création de races d'élite dans les monastères bénédictins, et même rédaction d'un traité d'hippologie par un pape du XVe siècle (dont on donne ici une traduction inédite). Au fil du temps, le cheval est devenu l'indispensable compagnon et l'efficace propagateur du christianisme.
En parcourant le monde, l'auteur, cavalier pratiquant mais peu croyant, a trouvé, en chemin vers Damas et autres lieux (la France, bien sûr, mais aussi l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, l'Italie, la Russie, la Suisse…), mille témoignages de ce phénomène : un mors forgé avec un clou de la crucifixion de Jésus, les reliques baladeuses et miraculeuses de trijumeaux protecteurs du cheval, de folles cavalcades à la gloire du Christ ou de la Vierge Marie, des bénédictions, des circumambulations, et autres pieuses cérémonies cavalières.
Jean-Louis Gouraud, après s'être fait connaître comme pérégrin, s'est ici reconverti en pèlerin. Encore et toujours émerveillé.
Disponibilité :