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La Fin de l'Empire romain d'Occident

375-476

Georges-André Morin (Auteur)

Présentation de l'éditeur

Étape essentielle de l'Histoire de l'Europe, la fin de l'Empire romain d'Occident, en 476, marque la transition de l'Antiquité vers le Moyen Age. Sur ses décombres se fixent les racines de l'Europe contemporaine.
Cet événement - son contexte, son déroulement, ses acteurs - est pourtant mal connu. Comment, à la fin du Ve siècle, disparaît l'institution impériale en Occident, et quelles en furent les conséquences immédiates ? Pourquoi, après le partage de 395, l'Empire sombre-t-il en Occident en moins d'un siècle et survit-il plus de mille ans en Orient ? Cette mort rapide était-elle inéluctable ? Autant de questions sur le thème de la fin d'une civilisation, auxquelles Georges-André Morin apporte une réponse claire et précise.
Chronique accessible et vivante, riche en personnages, en événements et en péripéties mouvementées, La Fin de l'Empire romain d'Occident offre au lecteur un aperçu novateur de cette période fondamentale mais mal connue.


Jacqueline Picoche pour www.librairiecatholique.com

Les qualités d'ingénieur principal des Eaux et Forets et de “philatéliste averti” ne prédisposaient pas M. Morin à se faire historien de l'Antiquité tardive. Mais depuis ses années de lycée, il s'intéressait à l'histoire romaine et, vers 1980, le récit que lui fit d'un voyage à Ravenne un ami ébloui par les mosaïques du mausolée de Galla Placidia, le décida à approfondir ses recherches sur le siècle de cette femme, fille de Théodose Ie, épouse en premières noces d'un roi Wisigoth et en secondes d'un empereur, qui exerça de fait les pouvoirs impériaux de 425 à 437, pendant la longue minorité de son fils Valentinien III.
Il en résulta un livre copieux, très sérieusement documenté qui met à la portée d'un large public cultivé des faits historiques qui n'étaient connus que des spécialistes et qui ont une importance fondatrice capitale pour l'histoire de l'Europe jusqu'à nos jours.
Le livre commence par le désastre militaire d'Andrinople qui frappe l'empire d'Orient, sauvé alors par l'aide que lui apporte celui d'Occident. D'où la question fondamentale que se pose l'auteur. Pourquoi l'empire d'Occident s'est-il effondré en 476 alors que celui d'Orient a duré un millénaire de plus ?
En effet, ce “bas empire”, cet empire de la “décadence” ne nous apparaît ni plus “bas“ ni plus “décadent” que beaucoup d'autres époques historiques. Depuis que l'empire divisé est chrétien, les moeurs y sont plus sévères que pendant le “haut empire”. Les femmes n'y ont pas de rôle politique officiel mais le rôle réel d'impératrices comme Pulchérie ou Galla Placidia est important. Les Barbares sont aux portes, c'est vrai, mais ce sont des gens avec qui on peut s'entendre. Leur barbarie est circonstancielle et mesurée. Ils n'attaquent l'empire qu'en cas de faiblesse manifeste, de changement de politique, de promesses non tenues. Ces attaques sont toutefois assez redoutables pour que les empereurs quittent Rome pour résider la plupart du temps à Ravenne, ville protégée par une lagune qui la rend particulièrement difficile à assiéger. Les relations entre Ravenne et Constantinople, parfois tendues ne sont jamais vraiment mauvaises et toutes les lois sont promulguées sous le sceau des deux empereurs. Une intense activité juridique aboutit en 438 au Code Théodosien, qui est un des fondements du droit moderne. Sous le nom de “fédérés”, les barbares constituent, aux frontières de l'empire, des royaumes alliés semi-indépendants. L'armée romaine, jusques et y compris parmi ses généraux, est en grande partie composée de “barbares”, qui tiennent en respect d'autres “barbares”. Même le terrible Attila a fourni des contingents de Huns à l'armée romaine et sait se montrer fin négociateur. Seul leur est interdit l'accès aux plus hautes charges civiles, notamment à celle d'empereur, pratiquement réservée à la descendance de Constantin et de Théodose tant qu'elle ne s'est pas trouvée éteinte.
Toutefois leur parfaite intégration est rendue difficile par le fait qu'ils ont été christianisés à une époque où les empereurs, infidèles à la foi du concile de Nicée (325) penchaient vers l'arianisme. Ils sont devenus ariens et le restent, alors que les empereurs à partir de Théodose reviennent à la stricte foi catholique et promulguent des lois contre les hérésies, y compris l'arianisme. Les empereurs, peu soucieux de séparer l'Église de l'État, légifèrent en matière religieuse. Ainsi, la loi du 7 août 389 impose le repos dominical. Ce sont eux qui convoquent les premiers conciles, notamment celui d'Éphèse en 430. Toutefois, l'empereur Gratien, en 379, a renoncé au titre de Pontifex Maximus “souverain pontife”, qui sera repris par le pape Léon dit “le Grand” dont la primauté est reconnue par la loi du 8 juillet 445, et qui convoque lui-même en 451 le concile de Chalcédoine où il est affirmé contre les monophysites que le Christ a bien les deux natures, divine et humaine. L'auteur accorde une importance politique aux décisions théologiques prises à l'époque : dans la proclamation nicéenne de l'égalité du Père et du Fils, il voit le fondement de la monarchie héréditaire de droit divin, dans la condamnation des thèses de Pélage sur le libre arbitre au profit de celles de St Augustin sur la prédestination, il voit le fondement de l'absolutisme impérial. On voit l'importance, en ce qui concerne les “racines chrétiennes de l'Europe” des décisions prises pendant ce siècle.
Parmi les causes de la chute de l'empire d'Occident, on peut voir sa faiblesse démographique et la dispersion géographique de ses possessions, par contraste avec le caractère plus compact de l'empire d'Orient. Il était devenu très difficile de réprimer des soulèvements en Grande Bretagne et de chasser d'Afrique les Vandales qui s'y étaient installés. À cela s'ajoutent des évènements contingents : une période de “glaciation” avec des hivers très rudes compromet les récoltes dans une agriculture de subsistance, d'où les révoltes de paysans appauvris et pressurés d'impôts. Surtout, à partir de l'assassinat de Valentinien III, dernier “théodosien”, vingt ans de querelles pour sa succession réduisent à rien le prestige de l'empereur qui aurait eu besoin d'une poigne de fer pour maintenir dans l'ordre les “fédérés” d'Espagne et de Gaule. La chute de l'empire d'Occident n'était pas inéluctable et a causé “la dégradation d'un haut niveau de civilisation et la disparition pour plus d'un millénaire de concepts juridiques élaborés. Sur le territoire de la France d'aujourd'hui, il faudra attendre la deuxième moitié du XVe s. pour recréer l'équivalent du service de la poste impériale et le XVIIIe s. pour disposer de routes empierrées et d'un service chargé de leur entretien”. A-G Morin ne croit pas au progrès ni à un sens providentiel de l'histoire.






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